
Cela fait deux semaines que nous sommes maintenant au Malawi. Hélas, les bonnes choses ont vite pris fin. Après une première semaine absolument géniale, la deuxième fut plus éprouvante. En quittant le nord du Malawi pour le centre, nous avons longé le lac. Les enfants sont extrêmement pénibles. Usant même. On se croirait de retour en Ethiopie. Les « Muzungu ! Give me money » hurlé fusent des champs. Certains sont limites agressifs. Le Malawi est un pays très jeunes. Des mômes partout. Rare sont les kilomètres sans en croiser un. Je me sens usé psychologiquement et physiquement. Par moment, j’ai envie de me poser quelques jours sur les plages en bordure du lac qui sont d’une grande beauté et d’une grande tranquillité. Abandonné mon vélo, le temps de me prélasser a Sani Beach ou Mwaya beach. Cette dernière appartient depuis trois ans à une ONG britannique du nom de « Rissle Africa » qui a racheté le campsite. Beaucoup de jeunes Anglo-saxons y viennent y travailler. Enfin faire du tourisme humanitaire est plus juste. Certains ne bossent que une à deux heures par jour et le reste du temps ils sont dans leur bungalows ou sur la plage. Bien sur, ils paient leurs séjours qui durent de deux à vingt quatre semaines. Mais ce n’est pas cette vision que j’avais du travail d’une ONG. Dans des conditions pareilles et un tel cadre, cela donne envie de faire de l’humanitaire.
Au début, je pensais que le Malawi était un pays plus développé que la Tanzanie. Mais cela ne l’était qu’en apparence. Quelques supermarché sont là pour jeter de la poudre aux yeux. Les campsites en bordure du lac peuvent être luxueux avec des prix extrêmement élevés alors que dans les villes plus éloignées, les resthouses ou guesthouses sont très rudimentaires a des prix inférieurs à 2 dollars, souvent sans électricité et sans eau courante. Plus choquant que dans les autres pays traversés, est la différence sociale. Ici on est très riche ou très pauvre. Rarement entre les deux. Seuls le Niger et la Guinée m’ont paru plus pauvre. Mais la différence entre la classe bourgeoise et le prolétaire n’était pas aussi énorme. Ce pays pourrait être très riche. Hélas, cela ne profite pas à tout le monde. Il est le premier exportateur mondial de tabac « Burley », c'est-à-dire le tabac de qualité supérieure. Autre source de revenu, le tourisme permet de faire rentrer de nombreuses devises en particulier par les sud-africains dont le Malawi est la destination privilégiée. Il existe effectivement une forte connivence entre ces deux pays, car à l’époque de l’apartheid, le président Banda, pendant ses trente ans de pouvoir, fut le seul homme d’état Africain à soutenir publiquement le régime sud-africain.
A Lilongwe où nous sommes, nous découvrons une ville relativement moderne aux nombreux espaces verts. Dans cette grande ville, on n’étouffe pas. Sa construction récente fut financée en grande partie par l’Afrique du Sud. On y trouve de tout, comme toutes les capitales Africaines où nous avons séjournés. A croire que les dirigeants des pays Africains ne cherchent a développé que leurs capitales pour en faire une vitrine sur le monde. Juste un vernis, du brillant sur un pays au bord du « ras le bol ». C’est également là qu’on y rencontre la plupart des ONG et des occidentaux. Je dis bien la plupart, car heureusement certains travaillent dans les campagnes. A Nkata Bay, nous avons croisé un Australien qui essaient de changer les méthodes d’agriculture de façon a pouvoir utiliser toutes les ressources possibles de ce qui existe déjà au Malawi. Son programme, alliant la nutrition au développement est relativement intéressant.
Demain ou après demain, nous prendrons la direction de la Zambie.Le Malawi, me laisse une impression d’un pays aux gens généreux mais hélas contraint à mendier pour pouvoir survivre. Lieu de destination agréable malgré tout, surtout en bordure du lac, ou la tranquillité, le charme des lieux, sur un petit semblant de Caraïbes, est de tout repos pour ceux qui veulent fuir la pression occidentale le temps d’une semaine ou deux .
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